Comment développer ses pellicules à la maison

Hello les oiseaux, vous voulez développer vos pellicules à la maison mais vous avez aucune idée de comment ça ce passe ? Ici on vous récapitule tout ce dont vous avez besoin et comment le faire tout seul comme des grands avec vos petite mimines 😎

Développer ses pellicules chez soit n’a rien de très compliqué. Globalement on fait clic clic, on fait plouf plouf et paf les négatifs sont là ! Bon j’avoue, j’ai un peu accéléré les étapes 😅 mais dans l’idée c’est pas beaucoup plus dur ! Du coup, on est parti pour les explications 😁

Alors pour ça il va nous falloir :

Une pellicule

Vous allez me prendre pour un idiot, ouuuuuais le mec il nous sort que pour développer une pellicule il faut une pellicule, il est vraiment pas très malin. Bah c’est bête à dire, mais le type de pellicule utilisé joue beaucoup sur le développement.

Les pellicules noir et blanc sont beaucoup plus simples et moins coûteuses à développer que les couleurs. Sachez que c’est vraiment le jour et la nuit entre les deux. Suivant les produits utilisés ca peut varier mais dans l’idée, en noir et blanc on peut développer les pellicules entre 20 et 30 °C sans trop de soucis. Pour les couleurs il faut maintenir l’ensemble des éléments à 38 °C tout le long du développement avec une marge d’erreur beaucoup plus faible. Ca peut s’avérer compliqué sans le matériel adapté (pour les plus fous d’entre vous qui veulent quand même faire des couleurs, renseignez vous sur les cuve Jobo, c’est le plus pratique pour un coût limité, vous en trouverez sur le bon coin sans trop de soucis).

Je vous conseille donc vivement de privilégier les photos noires et blanches si vous pensez développer vos photos vous même. Evidemment rien n’est impossible, mais si vous êtes dans l’idée de faire des économies, c’est beaucoup moins intéressant et beaucoup plus risqué de faire des couleurs.

Une pièce plongée dans l’obscurité

Comme vos pellicules sont sensibles à la lumière, il ne faut surtout pas les exposer, sans ça, vous pouvez leur dire adieu et passer le bonjours aux négatifs tout noirs. Il est donc nécessaire d’avoir une pièce totalement plongée dans le noir. Ce sera bien souvent les toilettes, mais si ça peut être une pièce avec un robinet pas trop loin et un peu de place, ça vous évitera de balader tout votre attirail à travers la maison.

Une fois la pièce choisie, faites la chasse à la lumière. Calfeutrez un maximum toutes les sources lumineuses y compris les volets qui laissent passer un tout petit peu de lumière. Évitez aussi les bas de portes qui sont rarement étanches et allez même jusqu’à cacher la fameuse LED de notification du téléphone. Tout ce que vous pourrez réduire maximisera vos chances de réussite.

Si vous n’avez pas de possibilité d’être dans le noir complet, il existe quand même une solution, les manchons de chargement. A la place de plonger une pièce de le noir, on place tout ce dont on a besoin dans le manchon. Une fois fermé il est étanche à la lumière et permet de travailler en toutes conditions.

Un décapsuleur

Alors non, je vois venir les plus beaufs d’entre vous, le décapsuleur c’est pas pour la bière après le travail. Encore que, si vous avez une petite soif rien ne vous en empêche 😁

Le décapsuleur c’est pour la première étape, une fois plongé dans le noir, il vous faudra ouvrir la pellicule. Peu importe par quel côté vous y allez, il faut réussir à plier un des bords pour accéder à son contenu. Les petits décapsuleurs de poche sont préférables, ils sont en général plus pratique pour ça. Il en existe aussi des spéciaux pour pellicules, mais il faut compter 15 à 20€ alors que le décapsuleur trouvé par terre un lendemain de soirée fera très bien l’affaire.

Maintenant que la pellicule est ouverte, il est temps de prendre délicatement le film dans ses mains. Sachez qu’à vue de nez vous pouvez mettre vos gros doigts tout gras sur les 10 premiers centimètres de la pellicule sans trop de soucis. C’est la partie perdue qui sert uniquement à la mise en place dans l’appareil. Si vous les mettez plus loin, pas de panique, ce n’est pas un drame, essayez juste de toucher le moins possible la partie intérieure du film, celle un peu rugueuse. C’est elle qui contient les éléments qui réagissent à la lumière, ce serait dommage de l’abîmer.

Une paire de ciseaux

Cette étape n’est pas obligatoire, on peut faire sans, mais ça reste un bon moyen de se faciliter la tâche pour la suite. L’idée est de réussir, et là, avis aux plus maladroits, toujours dans le noir et sans ce couper un doigt, à couper l’amorce de la pellicule, cette petite partie qui fait une sorte de virgule. Une fois fait, on vient couper les coins formés par le bout de la pellicule. C’est une étape qui ne prends que quelques secondes mais elle va nous permettre de créer un petit guide qui mènera la pellicule bien en place à l’étape suivante.

A la fin on obtient quelque chose comme ça
(crédit : Oriu sur 35mm-compact.com)

Une cuve de développement

Où l’acheter ?

Là on arrive dans le premier point dépense du projet. Il va falloir vous procurer une cuve de développement, il en existe beaucoup de différentes, les plus courantes étant celles de marque Paterson (voir ici). C’est une marque anglaise mais elles sont trouvable chez des revendeurs français ou même sur Amazon pour des prix autour de 30€. Pour ceux qui veulent vraiment faire des économies, on peut aussi en croiser sur le bon coin. En général, elles sont vendues avec un lot d’objets plus ou moins intéressants pour quelques bouchées de pain. Pensez juste à vérifier (y compris pour les neuves) si les spires sont présentes avec, c’est un bête bout de plastique, mais, neuf, à l’unité, on les trouve autour de 15€ donc autant les avoir dès le début.

Cuve Paterson
La cuve
Spire pour cuve Paterson
Ses spires

Comme précisé en début d’articles, pour ceux qui souhaitent faire des pellicules couleurs, préférez une cuve Jobo. Elles permettent de maintenir tout le nécessaire à 38°C tout en mélangeant continuellement la cuve. C’est idéal pour les pellicules couleur, mais évitez de les utiliser pour les développements noir et blanc, les chimies utilisées en noir et blanc n’aiment pas particulièrement être mélangés en continue.

Utilisation

Bien, maintenant que vous savez ce qu’est une cuve ainsi qu’une spire, on arrive au cœur de la difficulté. Mettre le film sur la spire. Ne vous en faites pas ce n’est rien d’insurmontable, c’est juste un peu galère les premières fois. Vous pouvez toujours vous entraîner avant avec un morceau de négatif si ça peut vous rassurer, mais pas de panique, vous finirez par réussir même si ça vous demande plusieurs essais.

Pour ce faire, il faut rentrer le bout de la pellicule au niveau de la marque présente sur le bord de la spire. Une fois que le bout y est, ca bloque un tout petit peu à cause de la présence de 2 petites billes qui servent à tenir la pellicule. Poussez la pellicule encore un peu, une fois le petit blocage passé, il ne reste plus qu’à faire rentrer la pellicule en entier en faisant tourner le coté de la spire. Il faut un peu de patience, mais une fois arrivée au bout il ne manque plus qu’un coup de ciseaux et toutes mes félicitations, vous avez passé l’étape la plus dure !

Il ne reste plus qu’à placer la spire sur le tube prévu à cet effet. Placez le tout dans la cuve puis refermez l’ensemble avec la sorte d’entonnoir qui sert à couper la pellicule de la lumière. Vérifiez bien plusieurs fois que l’entonnoir est correctement refermé, si il a fait clic en le tournant et que vous ne pouvez pas le sortir de sa place tout est bon. A partir de là vous pouvez rallumer la lumière, ça y est, elle est à l’abri dans la cuve !

Les chimies et des éprouvettes graduées

Je ne parlerais ici que du développement noir et blanc pour plus de simplicité. Si vous êtes intéressés par le développement couleur, seule cette étape change dans le processus, je vous invite donc à lire la suite sur cet article qui en parlera bien mieux que moi.

C’est le moment qui fait peur. On parle de choses inconnues et compliquées et pourtant c’est plutôt simple en fait, il suffit de suivre les instructions. Si vous étiez bon en chimie au lycée ça va vous amuser, puis si vous étiez pas bon, c’est de toute façon pas plus compliqué que de faire une pâte à crêpes donc pas de panique !

Dans cette étape, on va passer la pellicule, dans trois différents liquides qui vont rendre les images présentes sur la pellicule visibles et insensibles à la lumière. Autrement dit, on va transformer la pellicule en négatif. Chaque chimie a ses propres paramètres, il est important d’en suivre les instructions. Elles doivent généralement être diluées avant utilisation et respecter un temps de pose et des consignes pour le mélanger correctement.

Les éprouvettes graduées

Le premier point est de préparer les chimies qu’on va utiliser en les diluants correctement. Pour cela, on va jouer les chimistes avec nos éprouvettes gradués en préparant à l’avance ce dont on a besoin. Stockez les dans des bouteilles bien fermées à proximité, évitez de les laisser à l’air libre, elles s’oxydent au contact de l’oxygène et dégagent souvent des gaz irritants pour les voies respiratoire.

Chaque chimie a ses propres besoins, il faudra vous référer soit à ce qui est écrit sur la bouteille soit aux documents présents sur le site du fabricant. Une fois dans la documentation, vous trouverez des dilution écrire sous la forme de 1+[un chiffre]. Par exemple, mon révélateur m’indique qu’il peut être utilisé en étant dilué à 1+19. Cela veut dire que dans mon cas, je devrais mettre 1 volume de révélateur pour 19 volumes d’eau. Autrement dit on met 20 fois moins de révélateur que d’eau.

Pour ceux que j’ai déjà perdus dans les calculs : cela veut dire, ici pour une cuve de 300mL :

  • Je divise mes 300mL par le coefficient de dilution : 1+19 = 20.
    • 300/20 = 15mL de révélateur
  • Ensuite, on met 19 fois plus d’eau que de produit
    • 15*19 = 285mL d’eau
  • On vérifie le calcul en regardant le total
    • 285 + 15 = 300mL, je retrouve bien les 300mL de ma cuve

Maintenant que je vous ait expliqué comment on diluait les chimies, il est temps de passer à quelles chimies on utilise et pourquoi. Je vous les décrit dans l’ordre d’utilisation, n’improvisez surtout pas l’ordre, ce sera absolument tout le temps révélateur, bain d’arrêt puis fixateur.

Le révélateur

Comme son nom l’indique plutôt bien le révélateur permet de transformer les cristaux d’argent, pour l’instant invisibles, présent sur la pellicule, en cristaux visibles créant l’image. C’est donc un élément indispensable au développement de vos photos.

Pour l’utiliser rien de plus simple, on met notre dilution dans la cuve, on attend le temps indiqué par le constructeur en suivant ses conseils pour mélanger régulièrement. Soyez attentif au temps, il se doit d’être assez précis, un temps trop faible peut rendre une pellicule avec trop peu de détail et un temps trop long peut la sur-développer.
Pour finir, on va vider la cuve dans une bouteille pour stocker le produit utilisé. Certains révélateurs peuvent être utilisés plusieurs fois de suite sans avoir à refaire une dilution, à vous de choisir votre révélateur en fonction.

Point santé et écologie

Le problème du révélateur c’est que c’est aussi le gentil produit où il y a 18 pictogrammes pas vraiment rassurants. Très corrosif il faut absolument éviter de le toucher ou d’en respirer les vapeurs. Il en existe beaucoup de sortes d’un peu toutes les marques ayant chacun leurs qualités et leurs défauts. N’oubliez simplement pas de vérifier qu’ils sont bien fais pour les pellicules et non pour le papier (ça peut être piégeux si on n’y fait pas attention). Pensez aussi qu’ils ont tous une date de péremption, ne prenez pas 5L d’un coup si vous en utilisez 200ml par an.

Pour information, la toxicité des révélateurs n’est pas la même pour tous. Parmi ceux reconnu comme hautement toxique on a le D-76, le ID-11 ou encore le Rodinal. Ils sont très bon-marché mais si mettre quelques euros de plus peut vous éviter un séjour à l’hôpital c’est pas mal aussi. Vous pouvez vous renseigner à travers internet, certains sont moins toxiques que d’autres, mais restez tout de même prudent, ils restent malgré tout dangereux.

Petit point écologie, il est possible de faire soit même son révélateur à partir de café soluble et de vitamine C, on appelle ça du caffénol. Pour plus d’informations, c’est par ici que ça ce passe. Rappelez-vous juste qu’il reste quand même dangereux pour vous comme pour l’environnement au même titre que les autres révélateurs. Ne le versez pas dans la nature ou dans vos toilettes !

Le bain d’arrêt

Le bain d’arrêt c’est le point très discutable des chimies, il sert à arrêter l’action du révélateur et éviter de le mélanger au fixateur qui arrive tout de suite après. Le révélateur ayant un pH très basique il faut un acide pour le stopper, il en existe dans le commerce pour quelques euros. Cependant, que ce soit par économie ou par écologie on peut également utiliser de l’eau vinaigrée ou d’autres type d’acide dilués. Personnellement je dilue à vue de nez du vinaigre blanc entre 1+2 et 1+5 suivant combien de fois je compte le réutiliser dans ma journée.

Pour finir sachez que certains utilisent juste de l’eau pour rincer le révélateur et d’autres encore rien du tout parce qu’ils savent qu’ils vont jeter le fixateur tout de suite après. Si vous ne laissez pas poser votre pellicule pendant plusieurs minutes avant de passer à l’étape suivante vous n’aurez pas de soucis, veillez juste à savoir si vous souhaitez réutiliser le fixateur ou non. Dans le doute, passez au minimum un coup d’eau, ça évitera les réactions chimiques entre le révélateur et le fixateur.

Pour le bain d’arrêt encore une fois rien de bien compliqué, on le met dans la cuve, on mélange tranquillement pour bien rincer la pellicule puis on récupère le liquide utilisé dans une bouteille. Ici vous pouvez le réutiliser plusieurs fois sans soucis, à vous de vous mettre une limite d’utilisation, il n’y a pas vraiment de consigne fixes.

Le fixateur

Le fixateur, dernier élément du développement de votre pellicule sert quant à lui à stabiliser l’image présente. Il fixe les élément constituant l’image de sorte à ce qu’ils ne réagissent plus à la lumière. Comme pour le révélateur il en existe de toute sorte sur le marché, ils sont tous très similaire, la seule chose qui change vraiment est la dilution du produit et son temps de pose.

Au même titre que le révélateur ici on place la dilution dans la cuve, on attend le temps indiqué sur le papier du constructeur en suivant ses indications concernant la façon de mélanger puis on récupère le liquide dans une bouteille.
Contrairement au révélateur ici le temps est plus indicatif, pas de stress, évitez juste de laisser votre pellicule pendant des heures dedans
.

Une fois le fixateur retiré, vous pouvez dès lors ouvrir la cuve, la pellicule n’est plus sensible à la lumière, ne plongez pas immédiatement vos doigts dedans, le produit reste malgré tout corrosif. Il reste encore l’étape du rinçage.

Rinçage et agent mouillant

Le rinçage est une étape impossible à contourner dans le développement, tout résidu de fixateur présent sur le film va s’oxyder et risque de détruire peu à peu la pellicule. Pour éviter ça il faut la passer à l’eau gentiment pour la laver. Vous pouvez le faire directement dans la cuve ou en dehors peu importe. Pas la peine d’y aller à grande eau, une fois plongée dans l’eau remuez bien le tout et renouvelez l’eau quelques fois ce sera bien suffisant.

Pour éviter les résidus de calcaire sur la pellicule il est possible soit d’utiliser de l’eau déminéralisée, soit d’utiliser un agent mouillant. Comme pour le bain d’arrêt ce n’est pas obligatoire. Il est possible d’en commander pour quelques euros, mais on peut également utiliser un produit qu’on a tous chez soit : une goutte de liquide vaisselle. Bien dilué dans de l’eau, le savon va créer une couche hydrophobe à la surface de la pellicule et éviter les dépôts. Ça ne vous coûtera quasiment rien puis on en a tous dans nos placards, au pire même si vous n’en n’avez pas le voisin pourra vous dépanner 😎

Une fois arrivé là il ne reste plus qu’à la faire sécher pendant au moins 1h et vous voilà avec votre négatif ! Une fois sec vous pourrez le découper par lot de 6 photos comme un vrai pro pour faciliter son stockage 😉

Que faire des déchets ?

Evidemment au bout d’un moment, à force d’utiliser des produits loin d’être bons pour l’environnement se pose la question de la gestion des déchets. Tous les éléments utilisés doivent être retraités correctement pour en limiter l’impact. C’est valable pour le révélateur et le fixateur au minimum, mais c’est en théorie également valable pour le bain d’arrêt et même les eaux de rinçage. Certains considèrent que ces deux derniers éléments sont suffisamment dilués pour ne pas avoir un impact plus conséquent que les détergeants qu’on utilise dans nos toilettes et nos éviers. Rappelez-vous juste que si chacun pense comme vous ça fait énormément de produit dans la nature, récupérez donc tant que possible 😊

En tant que particuliers, vous n’avez pas beaucoup de solutions à votre disposition pour le retraitement des déchets. La solution la plus commune est le stockage en bouteille ou en bidon afin de les emmener dans une déchetterie qui propose la récupération de produits chimiques. Tout le problème étant que personne n’a jamais su répondre sur comment sont traités ces déchets. Etant donné que personne ne sait ce que contiennent les dizaines de bidons de toutes les couleurs présents sur place j’ai un peu de mal à comprendre comment ils peuvent être traités convenablement.

Je vous amène donc à la deuxième solution qui est d’avoir un arrangement avec un lycée ou un laboratoire. Ces derniers trient leurs déchets chimiques par type et les donnent à des sociétés spécialisés dans leur traitement. Les déchets étant triés par type j’ai tendance à imaginer qu’ils ont de meilleures chances d’être traités correctement. Maintenant, rappelez vous que tous les produits que vous utilisez ont un impact sur l’environnement, c’est de votre responsabilité d’essayer de faire en sorte qu’ils soient traités le mieux possible.

Et voilà !

Vous savez maintenant développer vos pellicules, c’était pas si compliqué non ? Pour ceux qui souhaitent encore compléter leur apprentissage, je vous invite à traîner sur Youtube. Des dizaines de personnes montrent comment développer au mieux ses photos, chacun a ses petites techniques, c’est toujours bien de pouvoir comparer !

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