Photographie du nécéssaire pour développer ses pellicules : une cuve, des produits chimiques, des ciseaux, et un décapsuleur

Damien TROLARD

Le blog photo argentique

Tutoriel – Comment développer des pellicules noir et blanc ?

Photographie du nécéssaire pour développer ses pellicules : une cuve, des produits chimiques, des ciseaux, et un décapsuleur

Tutoriel – Comment développer des pellicules noir et blanc ?

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Développer ses propres pellicules argentiques est parfaitement faisable à la maison. Comme nous l’avons vu dans l’article Comment développer ses pellicules soi-même ?, il est plus complexe de développer des pellicules couleur ou inversibles que des pellicules noir & blanc. Aujourd’hui, on s’attaque au développement noir et blanc. C’est le procédé de développement le plus simple et le plus accessible, il n’a besoin que de très peu de matériel.

Le matériel

Des produits chimiques

En noir et blanc, nous avons besoin d’un révélateur, d’un bain d’arrêt, d’un fixateur et, optionnellement, d’un agent mouillant. Tous ces produits peuvent être achetés ensemble dans un kit dédié au développement noir et blanc, ou séparément pour plus d’économies.

Si vous souhaitez vraiment limiter les coûts, il est bon de noter que le bain d’arrêt peut être remplacé par de l’eau vinaigrée, et l’agent mouillant par du liquide vaisselle.


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Une cuve de développement

Enfin, deuxième élément nécéssaire, il vous faudra une cuve de développement argentique avec au moins une spire. Cette cuve va nous permettre de plonger notre pellicule dans les différents produits chimiques, et tout ça, en la maintenant dans le noir complet pour ne pas détruire nos photographies ! Comptez une trentaine d’euros pour obtenir une cuve avec ses spires.


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Quelques outils trouvables dans vos tiroirs

Enfin, nous aurons besoin d’un décapsuleur pour pouvoir ouvrir la pellicule et accéder à son contenu. Il en existe des spécifiques pour pellicules, mais n’importe quel décapsuleur peut faire l’affaire. Et pour finir, vous aurez également besoin d’une paire de ciseaux pour découper le film, et d’une paire de pinces de séchage, qui peut être remplacée par des pinces à linge en dépannage.

Le développement

Etape 1 – Se plonger dans le noir

Le premier point à effectuer, pour pouvoir développer ses photographies, est de sortir le contenu de la pellicule pour le mettre dans la cuve. Pour cela, nous aurons besoin d’être dans le noir complet. Comme vos pellicules sont sensibles à la lumière, il ne faut surtout pas les exposer, sans ça, vous pouvez leur adieu à toutes vos photographies. Il faut donc se plonger dans le noir absolu, aucune source de lumière ne doit être présente.

Si ce n’est pas possible d’être dans le noir complet, il existe des manchons de chargement, il suffit de placer tout ce dont vous avez besoin dans le manchon. Une fois fermé, celui-ci est étanche à la lumière. Vous pourrez donc faire les manipulations même si vous êtes dans une pièce lumineuse.

Etape 2 – Ouvrir la pellicule

Attention, les étapes 2 et 3 sont illustrées avec des images prises en plein jour pour l’exemple, mais vous devez manipuler la pellicule à l’abri de toute source de lumière.

Que vous soyez dans le noir complet ou que vous mettiez l’ensemble du nécessaire dans un manchon de chargement, il vous faudra, pour cette étape, avoir avec vous dans le noir (ou dans le manchon), votre pellicule, la cuve de développement, le décapsuleur et une paire de ciseaux.

Il est donc maintenant temps d’ouvrir la pellicule pour accéder à son contenu !

Plier l’un des côtés de la pellicule

Pour ouvrir la pellicule, munissez-vous de votre décapsuleur. Il va falloir plier l’un des côtés de la pellicule. En le pliant, il va se désolidariser et vous pourrez récuperer le film.

Prenez délicatement le film, surtout laissez le bien enroulé pour le moment, il est bien plus facile à manipuler ainsi. Sachez qu’à vue de nez, vous pouvez mettre vos doigts tout gras sur les 10 premiers centimètres de la pellicule sans soucis. C’est la partie perdue qui sert uniquement à la mise en place dans l’appareil. Si vous les mettez plus loin, pas de panique, mais essayez juste de toucher les bords plutôt que le centre du film.

Découper les coins

Les coins découpés d'une pellicule
Exemple d’une d’une pellicule prête

Pour se faciliter la vie, on va venir découper l’amorce de la pellicule. Déroulez les quelques premiers centimètres de la pellicule, vous sentirez alors l’amorce, qui correspond au tout début du film. Découpez là, puis découpez également les coins formés à l’aide des ciseaux.

Cette forme lui permet d’être plus facile à mettre dans la spire dont nous allons parler juste après. Mais attention à ne pas vous couper, découper dans le noir n’est pas aussi facile que ça en a l’air.

Etape 3 – La mise en spire

Enrouler le film sur la spire

Spire paterson
Deux spires d’une cuve Paterson

Maintenant, il est temps de mettre le film sur une spire pour pouvoir l’insérer dans la cuve. C’est la partie la plus complexe pour les débutants. Prenez votre temps et ne paniquez pas. Vous finirez par réussir même si ça vous demande plusieurs essais.

Sur une spire, il existe deux petites marques qui représentent l’endroit où faire entrer le bout de la pellicule. Placez le début de votre film sous ces deux marques et insérez là-dedans. A ce moment, deux billes vont la bloquer légèrement. Vous devez tirer sur votre film pour lui faire passer les billes, qui vont la maintenir en place.

Le début d'une pellicule est mis sur la spire

Le bout du film est maintenant en en place. A ce moment, il ne reste plus qu’à faire des vas et viens avec le côté de la spire pour faire rentrer la pellicule en entier. Il faut un peu de patience, ça peut être un petit peu compliqué les premières fois.

Une fois que la pellicule est entièrement enroulée sur la spire, il ne reste plus qu’à découper avec les ciseaux le bout du film encore attaché à l’axe de la pellicule, et toutes mes félicitations, vous avez passé l’étape la plus compliquée !

Mettre la spire dans la cuve

Enfin, il faut placer la spire sur le tube prévu à cet effet et placer le tout dans la cuve, avant de refermer l’ensemble avec la sorte d’entonnoir de votre cuve. C’est lui qui va couper la pellicule de toute lumière extérieure. Vérifiez bien que l’entonnoir est correctement refermé, s’il a fait clic en le tournant et que vous ne pouvez pas le sortir de sa place tout est bon. A partir de là vous pouvez rallumer la lumière, ça y est, vos photos sont à l’abri dans la cuve !

Maintenant que la pellicule est à l’abri dans la cuve, l’ensemble des étapes suivantes peuvent être effectuées à la lumière.

Etape 4 – Préparer les chimies

C’est le moment qui fait peur. On parle de choses inconnues et compliquées et pourtant c’est plutôt simple en fait, il suffit de suivre les instructions ! Les produits chimiques que vous allez utiliser sont soit, déjà tout prêt, soit à diluer. Dans tous les cas, il va falloir préparer la bonne quantité de produit pour votre pellicule.

Produits chimiques pour développer des pellicules argentiques

Prenez 3 bouteilles vides pour préparer vos produits. Dans la première nous allons mettre le révélateur, dans la seconde le bain d’arrêt, et dans la dernière le fixateur. Pensez à noter sur chaque bouteille les noms de chacun pour éviter les erreurs, il ne faut surtout pas inverser les produits.

Quelle quantité préparer ?

La quantité de produit à préparer dépend de la taille de la cuve que vous utilisez. Dans mon cas, il est écrit en dessous de cette dernière les quantités devant être préparées pour chaque format de pellicule. Ma cuve m’indique, par exemple, d’utiliser 290mL de préparation pour une pellicule 35mm. Je dois donc préparer au moins 290mL de chaque produit.

Les dilutions

Si vous utilisez des chimies à diluer, les instructions pour préparer vos produits sont, en général, écrites sur les emballages de chacun d’entre eux. Elles sont aussi disponibles en version plus détaillées sur le site du fabricant. Cependant, désolé aux non-anglophones, les versions numériques sont souvent uniquement disponibles en anglais.

Le cas du bain d’arrêt au vinaigre

Si vous utilisez du vinaigre pour faire votre bain d’arrêt. Diluez simplement du vinaigre blanc dans de l’eau. 10 à 20% de vinaigre doivent largement suffire pour une voire même plusieurs pellicules. Certaines personnes font même des bains d’arrêt en utilisant uniquement de l’eau, ça peut être suffisant si vous ne réutilisez pas votre fixateur et que vous ne trainez pas entre l’étape de révélation et de fixation.

Etape 5 – Révélation, bain d’arrêt, fixation

Il est temps de passer la pellicule dans les 3 produits que nous venons de préparer. C’est ainsi qu’on va venir transformer notre pellicule argentique en négatif, insensible à la lumière.

Pour cette étape, munissez-vous d’un chronomètre. Il est nécessaire de mesurer le temps d’action de chaque produit.

La révélation

Le premier produit à utiliser est le révélateur. Comme son nom l’indique plutôt bien, il permet de révéler l’image présente sur votre pellicule.

Avant d’utiliser votre révélateur, il faut connaître le temps de révélation nécessaire. Il est unique à chaque modèle de pellicule et varie en fonction du révélateur utilisé. Vous pourrez retrouver la durée de révélation dans le carton de la pellicule, ou, si vous ne l’avez pas, il est aussi parfois écrit sur l’emballage du révélateur. Dans tous les cas, vous pourrez retrouver toutes ces informations sur le site du fabricant de la pellicule, ou sur des sites répertoriant ces informations comme Pirate Photo.

Vous pouvez maintenant verser votre révélateur dans la cuve. Généralement, il faut mélanger son contenant durant les 10 premières secondes, puis durant 10s à chaque minute écoulée. Malgré tout, cela peut varier suivant les produits, tout est indiqué dans les documentations du produit sur le site du fabriquant.

Une fois la durée écoulée, récupérez le contenu de la cuve dans une bouteille ou dans un bidon. Ne jetez jamais aucun des produits utilisés lors du développement de vos pellicules dans les canalisations ou dans la nature.

Le bain d’arrêt

Versez sans trainer le bain d’arrêt dans votre cuve et mélangez durant quelques secondes. L’acidité du bain d’arrêt va permettre de stopper l’action du révélateur sur la pellicule. Contrairement à l’étape de révélation, ici la durée est beaucoup moins importante. Que vous laissiez le bain d’arrêt 2 ou 5 minutes n’aura pas de réel impact sur la pellicule, l’idée est simplement de bien la rincer pour laisser place au fixateur.

Une fois que vous êtes prêt à passer à la suite, récupérez le contenu de la cuve dans une bouteille ou dans un bidon. A noter qu’il ne faut pas mélanger le bain d’arrêt avec le fixateur ou le révélateur, même lorsque ce sont des déchets. Le mélanger va rejeter des gaz qui pourraient faire exploser le contenant. Ne jetez jamais aucun des produits utilisés lors du développement de vos pellicules dans les canalisations ou dans la nature.

La fixation

Le fixateur, est le dernier produit que nous allons utiliser. Il sert à fixer l’image présente sur la pellicule et faire en sorte qu’elle ne soit plus sensible à la lumière.

Comme pour le bain d’arrêt, ici, la durée est beaucoup moins importante qu’avec le révélateur. Les fabricants donnent d’ailleurs souvent une fourchette très large. Laissez-le quelques minutes, en suivant les recommandations données. C’est généralement entre 2 et 5 minutes.

Une fois la durée écoulée, récupérez le contenu de la cuve dans une bouteille ou dans un bidon. Ne jetez jamais aucun des produits utilisés lors du développement de vos pellicules dans les canalisations ou dans la nature.

Etape 6 – Rinçage

Ça y est, vous avez réussi, votre pellicule n’est plus sensible à la lumière ! Vous pouvez maintenant ouvrir votre cuve. Avant de mettre vos doigts dedans, remplissez votre cuve d’eau et mélanger tranquillement de temps en temps pour rincer votre pellicule. Continuez à la rincer pendant 5 bonnes minutes en remplaçant l’eau 3 voire 4 fois.

Lors du dernier remplissage, ajouter dans votre eau une petite goutte d’agent mouillant ou, à défaut, de liquide vaisselle. Cela va permettre d’éviter d’avoir des traces de calcaire sur votre pellicule. Mais n’en mettez pas trop, ou cela aura l’effet inverse en laissant des résidus de produit au séchage.

Etape 7 – Séchage

Votre pellicule est maintenant prête, vous pouvez la récupérer. Cependant, attention, elle est encore très fragile, ne mettez pas vos doigts sur les photos.

Accrochez là à la verticale, et laisser là sécher pendant bien 2h. Mettez-y un poids au bas pour qu’elle reste bien droite. Il existe des pinces de séchages idéales pour cela, mais autrement, des pinces à linge peuvent tout de même convenir en dépannage.

Une fois bien sèche, vos photographies sont prêtes ! On découpe généralement le film par bandes de 4 ou 6 photographies pour faciliter le stockage. Enfin, vous pourrez les scanner vous-même, ou en faisant appel à un professionnel ! Vous pouvez même les tirer, ou les faire tirer, si vous souhaitez obtenir une version papier de vos photos !

Que faire des déchets ?

Evidemment au bout d’un moment, à force d’utiliser des produits pas très bons pour l’environnement, se pose la question de la gestion des déchets. Tous les éléments utilisés pour développer vos pellicules doivent être retraités correctement pour en limiter l’impact.

C’est valable pour le révélateur et le fixateur au minimum, mais c’est aussi valable pour le bain d’arrêt, et même les eaux de rinçage. Certains considèrent que ces deux derniers éléments sont suffisamment dilués pour ne pas avoir un impact plus conséquent que les détergents ménager. Mais rappelez-vous que si chacun pense comme vous ça fait énormément de produits dans la nature, récupérez donc autant que possible, d’autant qu’en France le retrairement de ces produits est gratuit pour les particulier 😊

En tant que particuliers, vous devez emmener vos déchets dans une déchetterie qui propose la collecte de produits chimiques. Pour éviter tout accident, vous devez indiquer sur le contenant la nature du produit donné (révélateur argentique, fixateur argentique, etc…). Voici un lien qui vous permettra de trouver la déchetterie la plus proche de chez vous : où déposer vos déchets chimiques ?

Et voilà !

Vous savez maintenant développer vos pellicules, c’était pas si compliqué non ? Pour ceux qui souhaitent encore compléter leur apprentissage, je vous invite à traîner sur Youtube. Des dizaines de personnes montrent comment développer au mieux ses photos, chacun a ses petites techniques, c’est toujours bien de pouvoir comparer !

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