Damien TROLARD

Le blog photo argentique

Comment créer son laboratoire photo argentique à la maison ?

Comment créer son laboratoire photo argentique à la maison ?

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Aujourd’hui, il est temps de parler laboratoire photo argentique. Enfilez vite vos plus belles blouses de scientifiques, remontez vos manches, et on est partis pour parler matériel et mise en place !

Pourquoi créer son laboratoire ?

Créer son laboratoire photo argentique à la maison est bien plus facile que vous ne le pensez. Il y a de ça quelques décennies, beaucoup de passionnés développaient de cette manière leurs pellicules. Pratique et économique, c’était un bon moyen de réduire les coûts tout en ayant un contrôle complet sur ses photographies.

Aujourd’hui, développer et scanner une pellicule coûte entre 12 et 18€ en laboratoire. Et comme nous l’avions vu dans l’article « Est-ce moins cher de développer soi-même ses pellicules ? », Le côté économique de cette pratique est encore bien d’actualité. Développer soi-même une pellicule coûte entre 1 et 3€, il y a donc de quoi se poser la question de le faire directement à la maison.

Le matériel nécéssaire pour développer ses pellicules

Sachez que lorsque qu’on parle d’un laboratoire argentique, il y a en réalité 3 différentes tâches qui peuvent y être faites. Et lorsqu’on créé un laboratoire à la maison, on ne les fait pas forcément toutes.

  • Le développement : C’est le fait de révéler les images présentes sur la pellicule et de la rendre insensible à la lumière. C’est ici qu’on transforme nos pellicules en bandellettes d’images, qu’on appelle souvent des négatifs (mais qui peuvent aussi parfois être positifs)
  • Le scan : A cette étape, on transforme les images obtenues lors du développement en un fichier numérique. En scannant les photographies qui y sont visibles, on obtient alors des images comme on pourrait les avoir avec un appareil numérique. Ainsi on peut les partager et les poster sur les réseaux sociaux !
  • Le tirage : On l’appelle souvent agrandissement en argentique, c’est le fait transférer les images révélées au développement sur un support papier. On vient en quelque sorte “imprimer” l’image sur une feuille de papier argentique.

Développer ses pellicules

Le pôle développement des pellicules est l’élément de base d’un laboratoire photographique. C’est là où on transforme les pellicules, sensibles à la lumière, en bandelettes pouvant être manipulées sans crainte. On pense souvent que c’est cher et compliqué de développer soi-même, mais pourtant, nombreux sont les photographes, amateurs comme professionnels, à développer leurs propres pellicules.

Malgré tout, pour débuter, il va falloir s’imposer quelques limites. Les pellicules sont divisées en 3 catégories : les noir et blanc, les couleurs, et les inversibles. Et si développer des pellicules en noir et blanc c’est simple et pas cher, développer des pellicules couleurs ou inversibles est plus complexe. Ce n’est rien d’impossible mais ça demande beaucoup plus de technique et de matériel. C’est donc moins accessible pour débuter son laboratoire.

Le matériel

Si on se limite au noir et blanc, pour développer ses pellicules, on n’a finalement pas besoin de beaucoup d’éléments. Il faut simplement une cuve de développement argentique, et quelques produits chimiques.

Cuve de développement argentique

Cuve de développement Paterson
Une cuve de développement Paterson avec deux spires

Du côté des cuves de développement, il y a deux choix qui dominent le marché. On a d’un côté Paterson, qui est anglais, et de l’autre Jobo qui est allemand. Ces deux marques produisent des produits d’une qualité identique. Simplement, il est souvent plus facile de trouver des cuves Paterson en France.

Il existe des cuves prévues pour contenir 1, voire 2 pellicules à la fois, elles sont parfaites pour une utilisation personnelle ! Vérifiez simplement que la cuve que vous aurez choisie est fournie avec au moins une spire, c’est un objet nécéssaire pour pouvoir développer, il peut parfois être vendu séparément. Comptez une trentaine d’euros pour obtenir une cuve de développement avec ses spires.


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Chimies

En noir et blanc nous avons besoin de 4 produits : le révélateur, le bain d’arrêt, le fixateur, et l’agent mouillant. Si le bain d’arrêt peut être remplacé par de l’eau vinaigrée, et l’agent mouillant par une goutte de liquide vaisselle, les deux autres sont indispensables.

Mais je ne vais pas m’étaler. Il en existe des tonnes de différentes, des plus ou moins toxiques, des liquides, des en poudre, des toutes prêtes, des à diluer… Bref, il y a 1000 choix. En noir et blanc le résultat de votre photographie dépend en petite partie des chimies que vous utilisez. Elles peuvent avoir un léger impact sur le contraste et le grain de vos négatifs. Mais la différence est moindre, et au final elles ont toutes le même but : transformer la pellicule en négatif.

Pour plus de simplicité, il existe des kits regroupant toutes les chimies nécéssaires. Le coût de revient est plus élevé qu’en achetant les produits individuellement, mais ça permet de s’essayer à la pratique facilement sans trop se poser de questions.


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Du bordel

Au-delà d’une cuve et des chimies, on a besoin de quelques éléments en plus pour développer les photos.

Obligatoires

  • Un décapsuleur pour ouvrir les pellicules. Il en existe des spéciaux pour pellicule autour des 15€, mais autrement le petit décapsuleur abandonné un lendemain de soirée fera très bien l’affaire
  • Une paire de ciseaux pour découper les pellicules
  • Un fil de fer pour faire sécher les pellicules (un étendoir à linge ça marche aussi)
  • Des bouteilles ou des bidons vides pour stocker les chimies usagées avant de les emmener en déchetterie

En option

  • Des éprouvettes graduées ou une balance. Si vous utilisez des chimies toutes prêtes, inutile de s’en procurer, par contre, si vous utilisez des chimies à diluer vous aurez besoin de mesurer précisément les quantités, avec des éprouvettes pour des produits liquides, ou avec une balance suffisement précise pour des produits en poudres.
  • Une pince lestée, elles permettent aux pellicules de sécher bien droites. Elles coûtent environ 10€ la paire, mais on peut contourner les dépenses en utilisant des pinces à linge. C’est moins efficace mais ça fait le boulot quand même.

Si développer vos propres pellicules vous intéresse, voici un petit tutoriel pour réussir à développer vos propres pellicules noir et blanc !

Scanner ses pellicules soi-même

Pour scanner ses pellicules il y a deux écoles. Tout dépend de si on souhaite avoir des scans de qualité pour retravailler ses images, ou simplement des scans suffisant pour partager ses photos sur les réseaux sociaux.

Avec son téléphone ou son appareil photo numérique

Il est possible de scanner ses négatifs en les photographiant avec son téléphone ou avec un appareil numérique. Et bien que la technique ne soit pas parfaite, elle peut permettre de numériser vos photos sans dépenses supplémentaires, ce qui est plutôt sympa pour les budgets réduits.

Avec cette technique, on obtient des images pas forcément très qualitatives, mais ça peut largement suffire pour les partager sur les réseaux sociaux.

Avec un scanner à pellicule

Acheter un bon scanner à négatif coûte cher. Comptez au minimum 200€ pour obtenir un résultat qui en vaut la peine. Du coup, c’est rentable uniquement à condition de faire beaucoup de pellicule. Si vous faites une pellicule tous les 6 mois, c’est tout de suite beaucoup moins intéressant.

Si vous souhaitez acheter un scanner à pellicule qui puisse vous donner des photographies dignes d’un laboratoire, je vous redirige vers cet article qui parle de comment bien choisir son scanner :

Faire des tirages soi-même

Un agrandisseur argentique

L’élément le plus important pour faire des tirages en argentique c’est l’agrandisseur. Il en existe de toutes les tailles et de tous les âges. Neuf ça coûte 3 reins (voire 4). Et si vous n’avez pas 1000€ à mettre dans votre rêve de laboratoire photo argentique, pensez à aller voir du côté des sites d’occasions. Comme un agrandisseur prend pas mal de la place, et que très souvent, ils n’ont pas servi depuis des décennies, beaucoup de gens les vendent pour quelques bouchées de pain. Vous pouvez trouver assez facilement des agrandisseurs complets pour une centaine d’euros.

Le choix de l’agrandisseur

Choisir un agrandisseur c’est la phase la plus périlleuse, on trouve des informations qui se contredisent totalement en cherchant sur internet. Pas facile de s’y retrouver. Assez souvent une personne n’aime pas une marque pour x ou y raison, et du coup, il dira que l’agrandisseur est forcément mauvais. En toute honnêteté, je vous conseille de passer outre les avis que vous croiserez sur les forums. Tous les agrandisseurs ont leurs avantages et leurs défauts, c’est vrai. Mais tous font leur travail avec plus ou moins de praticités. A partir du moment où il est complet, et qu’il a été stocké correctement pour éviter rouille, champignons, et tout autre élément pouvant le détériorer. Il n’y a pas de raisons que l’agrandisseur soit mauvais au point de ne pas pouvoir faire de tirages.

Pour quel format de pellicule ?

Pensez simplement à vérifier quel format de pellicule il peut tirer. Tous ne fonctionnent pas pour tous les types de pellicules. En plus, il faut souvent des éléments spécifiques à chaque format. Si ce dernier a tous les éléments pour faire des 24×36 mais pas pour les autres, vous ne pourrez faire que du 24×36, et ce, même si l’agrandisseur est prévu pour fonctionner avec d’autres formats.

L’objectif de l’agrandisseur

Enfin, l’objectif qui est dessus compte aussi. Suivant les formats, on n’utilise pas le même objectif. On prend, en général, des 50mm pour tirer des 24×36, des 80mm pour des 6×6 et des 105mm des 6×9. En plus de cela, leur qualité peut varier suivant les modèles. On conseille de préférer les objectifs qui embarquent 6 lentilles face à ceux qui n’en ont que 4, car ils sont de meilleure qualité. Mais cela ne vaut que si ce dernier est en bon état, il ne doit pas avoir de rayures ni de champignons pour donner tout son potentiel.

Je vous mets un PDF contenant une bonne liste d’objectifs avec les formats de pellicules qu’ils peuvent agrandir et le nombre de lentilles dont ils disposent.

Le matériel

Le gros problème quand on prend un agrandisseur, c’est qu’il implique d’obtenir pas mal d’éléments annexes avant de pouvoir tirer soi-même ses photographies. On va donc parler de tout ce qui vient en plus de l’agrandisseur. Encore une fois, fouiner un peu dans les sites de vente entre particulier vous permettra de faire de belles économies.

Obligatoire

  • Du papier photo argentique, et oui, sans ça, on va avoir du mal à produire des tirages
  • Des chimies (encore), en noir et blanc vous n’aurez que le révélateur qui va être spécifique au papier, les autres produits sont en général utilisables pour les pellicules comme pour le papier.
  • Au moins 3 bacs pour tremper les photos dans les chimies, un 4e pour laver les tirages est quand même bien pratique
  • Des pinces pour aller récupérer les photos dans les bacs sans devoir y plonger les mains
  • Du fil de fer et des pinces à linge (ou un étendoir à linge) pour faire sécher ses photos
  • Un Scoponet (aussi appelé vérificateur de mise au point) pour vérifier la mise au point de l’agrandisseur
  • Une ampoule inactinique, ce sont ces fameuses ampoules, souvent rouges, qui permettent d’avoir de la lumière sans exposer le papier argentique. A noter qu’avec des tirages couleur vous pouvez oublier, il faut absolument tout faire dans le noir. Mais pour faire des tirages noir et blanc c’est quasiment indispensable.

En option

  • Un margeur. Ça coûte souvent autour des 200€ neuf (encore un rein de plus), mais ça permet d’avoir le papier bien à plat et placé au bon endroit très facilement sous l’agrandisseur. C’est donc avant tout un outil qui permet de se faciliter la vie et de gagner du temps. En plus, comme son nom l’indique, on peut faire des marges blanches sur les photos.
  • Des filtres gradués, si vous faites des tirages noir & blanc, vous utiliserez certainement du papier multigrade. Ces filtres permettent de contrôler le contraste des images lorsqu’on utilise ce genre de papier.

Et pour ceux qui veulent aller plus loin et apprendre à tirer leurs photographies grâce à un agrandisseur, voici tout ce qu’il vous faut :

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