Photographie d'un agrandisseur argentique sous une lumière de laboratoire photo rouge

Damien TROLARD

L'argentique c'est beau, mangez-en !

Comment créer son laboratoire photo argentique à la maison ?

Photographie d'un agrandisseur argentique sous une lumière de laboratoire photo rouge

Comment créer son laboratoire photo argentique à la maison ?

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Aujourd’hui, il est temps de parler laboratoire photo argentique. Enfilez vite vos plus belles blouses de scientifiques, remontez vos manches, et on est partis pour parler matériel et mise en place !

Pourquoi créer son laboratoire ?

Créer son laboratoire photo argentique à la maison est bien plus facile que vous ne le pensez. Il y a de ça quelques décennies, beaucoup de passionnés développaient de cette manière leurs pellicules. Pratique et économique, c’était un bon moyen de réduire les coûts tout en ayant un contrôle complet sur ses photographies.

Aujourd’hui, développer et scanner une pellicule coûte entre 12 et 20€. Le côté économique de cette pratique est donc encore bien d’actualité. Quand on sait que développer soi-même une pellicule coûte entre 1 et 3€, il y a de quoi se poser la question de le faire directement à la maison. En fin de compte, c’est un très bon investissement sur le long terme pour les passionnés de photographie.

Combien ça coûte ?

Créer son laboratoire peut coûter très cher comme être très peu coûteux. Certains arrivent à s’en sortir pour à peine 100€ quand d’autres y mettent 500 voire 1000€. Tout dépends d’où vous trouvez votre matériel et de quel niveau de qualité vous souhaitez atteindre. Néanmoins, pour un amateur, le prix sera souvent situé autour des 150 à 200€ pour un laboratoire sans trop de prétention, et plutôt vers les 300 à 400€ si vous souhaitez aller plus loin.

D’ailleurs, petit tips à ceux qui, n’ont pas des mille et des cent à dépenser dans un laboratoire. On est dans une époque où l’argentique a énormément été mis de côté. Beaucoup de gens ont encore du matériel qui ne sert plus au fin fond de leur grenier. Pour quasiment tout le matériel nécessaire pour votre laboratoire photo, vous pouvez fouiner sur LeBonCoin pour trouver des bons plans. Pour les plus chanceux vous pourrez même trouver sur Geev ou sur Donnons.org des gens qui donnent purement et simplement du matériel devenu souvent trop encombrant.

Développer ses pellicules

Le pôle développement des pellicules est l’élément de base d’un laboratoire photographique. C’est là où on transforme les pellicules, sensibles à la lumière, en négatifs pouvant être manipulé sans crainte. Beaucoup de gens pensent que c’est cher et compliqué de développer ses pellicules. Et pourtant, on n’a finalement pas besoin d’énormément de matériel.

Malgré tout, si vous êtes à cheval sur les coûts, il va falloir s’imposer quelques limites. Déjà il faut savoir que développer des pellicules en noir et blanc c’est simple et pas cher. Tout le monde peut le faire, c’est très accessible. Par contre, pour développer des pellicules couleurs, c’est une toute autre histoire. Ce n’est rien d’impossible mais ça demande plus de technique et de matériel, et donc plus d’investissements.

Dans cet article, nous ne parlerons que du matériel nécessaire pour pouvoir développer ses photographies. Pour ceux qui recherchent des informations sur comment développer ses pellicules soi-même, un autre article parle de ce sujet : Comment développer ses pellicules à la maison.

Du coup, pour un débutant, pensez à vous limiter aux pellicules noir et blanc, en tout cas, au moins dans un premier temps. Ca vous permettra d’avoir de bonnes bases et de vous essayer au développement de pellicules pour un prix relativement faible.

Le matériel

Pour développer ses pellicules, on a finalement pas besoin de beaucoup d’éléments. Il faut simplement une cuve de développement argentique et produits chimiques.

Cuve de développement argentique

Cuve de développement Paterson

Pour les cuves, il y a deux choix qui dominent le marché. On a d’un côté Paterson, qui est anglais, et de l’autre Jobo qui est allemand. Tous deux sont d’une qualité identique. Même si les systèmes divergent quelque peu, les deux font très bien le travail. On peut en trouver dans de nombreuses boutiques spécialisées en photographie, voire même parfois sur de grandes plateformes de e-commerce.

Il en existe de toutes les tailles sur le marché. Par exemple, certaines peuvent développer jusqu’à 5 pellicules d’un seul coup. Seulement, faites attention, ces grandes cuves sont destinées aux professionnels, elles sont généralement fournies sans spires. Et ces dernières peuvent revenir très chères lorsqu’elles sont achetées individuellement. Si vous ne comptez pas développer 50 pellicules par jour, il existe des cuves prévues pour contenir 1 voire 2 pellicules à la fois. Elles sont souvent fournies avec des spires, et donc prêtes à l’emploi. Vous les trouverez généralement autour des 30€ neuf, et moins si vous vous orientez vers de l’occasion.

Spire paterson
Spires d’une cuve de développement

Chimies

Pour les chimies je ne vais pas m’étaler. Il en existe des tonnes, des plus ou moins toxiques, des liquides, des en poudre, des toutes prêtes, des à diluer, enfin bref, il y a 1000 choix. En noir et blanc le résultat de votre photographie dépend en partie des chimies que vous utilisez. Elle peut avoir un léger impact sur le contraste de vos négatifs. Mais la différence est moindre, et au final elles servent toutes à la même chose : transformer la pellicule en négatif. En fin de compte, peu importe votre choix, toute fonctionneront, c’est surtout de l’ordre du confort d’utilisation.

Si vous ne connaissez pas déjà les 4 différents types de produits dont vous avez besoin, encore une fois, c’est par ici que ça ce passe : Comment développer ses pellicules à la maison.

Du bordel

Au delà d’une cuve et des chimies, on a besoin de quelques éléments en plus pour développer les photos.

Obligatoires

  • Un décapsuleur pour ouvrir les pellicules. Il en existe des spéciaux pour pellicule autour des 15€, mais autrement le petit décapsuleur abandonné un lendemain de soirée fera très bien l’affaire
  • Une paire de ciseaux pour découper les pellicules
  • Un fil de fer pour faire sécher les pellicules (un étendoir à linge ça marche aussi)
  • Des bouteilles ou des bidons vides pour stocker les chimies usagées avant de les emmener en déchetterie

En option

  • Des éprouvettes graduées. Si vous utilisez des chimies toutes prêtes, inutile de s’en procurer, par contre, si vous utilisez des chimies à diluer vous aurez besoin de mesurer précisément les quantités.
  • Une pince lestée, elles permettent aux pellicules de sécher bien droites. Elles coûtent environ 10€ la paire, mais on peut contourner les dépenses en utilisant des pinces à linge. C’est moins efficace mais ça fait le boulot quand même.

Scanner ses pellicules soi-même

Pour scanner ses pellicules il y a deux écoles. Tout dépends de si on souhaite avoir des scans de qualité pour retravailler ses images, ou simplement des scans suffisant pour partager ses photos sur les réseaux sociaux.

Avec son téléphone ou son appareil photo numérique

Il est possible de scanner ses négatifs en les photographiant avec son téléphone ou avec un appareil numérique. Il vous faudra pour ça une surface lumineuse, un écran avec un fond d’écran blanc peut marcher. Il suffit alors de poser les négatifs sur l’écran et de les prendre en photo. Cette image, une fois inversée à l’aide d’une application ou d’un logiciel, révélera alors votre photographie argentique.

Avec cette technique on obtient des images pas forcément très qualitatives, mais ça peut suffire pour être partagé sur Facebook ou Instagram.

Avec un scanner à pellicule

Acheter un bon scanner à négatif coûte cher. Comptez au minimum 200€ pour obtenir un résultat qui en vaut la peine. Du coup, c’est rentable uniquement à condition de faire beaucoup de pellicule. Si vous faites une pellicule tous les 6 mois, c’est tout de suite beaucoup moins intéressant.

Si vous souhaitez acheter un scanner à pellicule qui puisse vous donner des photographies dignes d’un laboratoire, je vous redirige vers cet article qui parle de comment bien choisir son scanner : Scanner ses pellicules soi-même : Choisir son scanner.

Faire des tirages soi-même

Un agrandisseur argentique

L’élément le plus important pour faire des tirages en argentique c’est l’agrandisseur. Il en existe de toutes les tailles et de tous les âges. Neuf ça coûte 3 reins (voire 4). Et si vous n’avez pas 1000€ à mettre dans votre rêve de laboratoire photo argentique, pensez à aller voir du côté des sites d’occasions. Comme un agrandisseur prend pas mal de la place, et que très souvent, ils n’ont pas servis depuis des décennies, beaucoup de gens les vendent pour quelques bouchées de pain. Vous pouvez trouver assez facilement des agrandisseurs complets pour moins de 100€.

Le choix de l’agrandisseur

Choisir un agrandisseur c’est la phase la plus périlleuse, on trouve des informations qui se contredisent totalement en cherchant sur internet. Pas facile de s’y retrouver. Assez souvent une personne n’aime pas une marque pour x ou y raison, et du coup, il dira que l’agrandisseur est forcément mauvais. En toute honnêteté, je vous conseille de passer outre les avis que vous croiserez sur les forums. Tous les agrandisseurs ont leurs avantages et leurs défauts, c’est vrai. Mais tous font leur travail avec plus ou moins de praticité. A partir du moment où il est complet, et qu’il a été stocké correctement pour éviter rouille, champignons, et tout autre élément pouvant le détériorer. Il n’y a pas de raisons que l’agrandisseur soit mauvais au point de ne pas pouvoir faire de tirages.

Pensez simplement à vérifier quel format de pellicule il peut tirer et à demander quel objectif est dessus. On utilise en général des 50mm pour tirer des négatifs de pellicules 135, des 80mm pour faire des négatifs 6×6 et des 105mm pour faire des négatifs 6×9. En plus de cela, leur qualité peut varier suivant les modèles. On conseille de préférer les objectifs qui embarquent 6 lentilles faces à ceux qui n’en ont que 4, car ils sont de meilleure qualité.

Je vous mets des PDF contenant une bonne liste d’objectifs avec les formats de pellicules qu’ils peuvent agrandir et le nombre de lentilles dont ils disposent.

Le matériel

Le gros problème quand on prend un agrandisseur, c’est qu’il implique d’obtenir pas mal d’éléments annexes avant de pouvoir tirer soi-même ses photographies. On va donc parler de tout ce qui vient en plus de l’agrandisseur. Encore une fois, fouiner un peu dans les sites de vente entre particulier vous permettra de faire de belles économies.

Obligatoire

  • Du papier photo argentique, et oui, sans ça, on va avoir du mal à produire des tirages
  • Des chimies (encore), en noir et blanc vous n’aurez que le révélateur qui va être spécifique au papier, les autres produits sont en général utilisables pour les pellicules comme pour le papier.
  • Au moins 3 bacs pour tremper les photos dans les chimies, un 4e pour laver les tirages est quand même bien pratique
  • Des pinces pour aller récupérer les photos dans les bacs sans devoir y plonger les mains
  • Du fil de fer et des pinces à linge (ou un étendoir à linge) pour faire sécher ses photos.
  • Un Scoponet (aussi appelé vérificateur de mise au point) pour vérifier la mise au point de l’agrandisseur
  • Une ampoule inactinique, ce sont ces fameuses ampoules, souvent rouges, qui permettent d’avoir de la lumière sans exposer le papier argentique. A noter qu’avec des tirages couleur vous pouvez oublier, il faut absolument tout faire dans le noir. Mais pour faire des tirages noir et blanc c’est quasiment indispensable.

En option

  • Un margeur. Ça coûte entre 200 et 800€ neuf (encore un rein de plus), ça permet d’avoir le papier bien à plat et placé au bon endroit sous l’agrandisseur. En plus, comme son nom l’indique, on peut faire des marges blanches sur les photos.
  • Des filtres gradués, si vous faites des tirages noir & blanc, vous utiliserez certainement du papier multigrade. Ces filtres permettent de contrôler le contraste des images lorsqu’on utilise ce genre de papier.

Et voilà !

Normalement si vous avez tout bien suivi, vous êtes prêt à monter votre labo, pas de panique si vous n’avez pas encore la méthode, on en parlera dans de prochains articles !

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