Damien TROLARD

L'argentique c'est beau, mangez-en !

Quel appareil photo argentique choisir ?

Quel appareil photo argentique choisir ?

Hello les asticots ! Alors comme ça, ça y est ? Vous voulez enfin vous mettre à l’argentique ? Et bien bienvenus, vous êtes arrivés au bon endroit. Installez vous confortablement avec nous, au club des petits curieux des anciennes technologies !

Choisir son appareil photo est un grand et long questionnement. Vous allez douter, c’est certain. Mais rassurez-vous, on va essayer de faire en sorte que vous fassiez le meilleur choix. En fait, chaque modèle d’appareil a ses petites spécificités, et chaque photographe a ses besoins et ses préférences. Aujourd’hui, on va tenter de voir ensemble quel appareil est fait pour vous !

Quel appareil pour quelle utilisation ?

Des appareils de tous les âges

L’argentique est la technique photographique qui a le plus existé dans notre histoire. La photo fût inventée dans les années 1830 grâce aux travaux de Niepce et Daguerre. Dès 1881, les premières pellicules sous forme de rouleaux sont commercialisées. Initialement utilisées pour le cinéma, elles seront reprises en 1888 par Kodak avec son Kodak n°1 pour la photographie.

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Traduction du Slogan de Kodak en 1888

Attention aux formats de pellicule

Si les pellicules 35mm, encore grandement utilisés, aujourd’hui commenceront à être commercialisées dès 1910, c’est Leica qui participera grandement à sa démocratisation en mettant sur le marché son Leica I en 1925. Le marché de la photographie argentique a de tout temps été divisé en de nombreux formats de pellicules. Comme expliqué dans l’article comment choisir sa pellicule argentique ? Aujourd’hui, seules les pellicules 135 (= 35mm) et les 120 sont encore produites. Attention donc aux personnes à l’âme de collectionneur. Il peut être compliqué de faire fonctionner des appareils aux formats de pellicules peu courants.

C’est seulement dans les années 1960 que la pellicule 35mm est réellement devenue la norme en photographie. Bien que quelques appareils haut de gamme ont continué à utiliser les pellicule 120 et autres 620 pour obtenir des négatifs de plus grandes taille, la majorité des appareils grands publics ont suivi le mouvement en utilisant les 35mm.

L’électronique prend peu à peu du terrain

A partir des années 60, tous les appareils reflex embarquent un système permettant de changer facilement d’objectif. Dès lors, la course aux nouvelles fonctionnalités était lancée. A partir des années 75 c’est l’électronique qui vient ajouter beaucoup d’automatismes dans les appareils. On commence à y intégrer des capteurs de luminosité, on y ajoute des fonctions permettant le calcul automatique du temps d’exposition et de l’ouverture. Et durant les années 90, c’est l’autofocus qui vient s’ajouter aux appareils.

Autrement dit, suivant l’âge de l’appareil que vous choisissez, tous ne seront pas à égalité sur le plan technique. Les appareils les plus anciens nécessitent plus de connaissances et de compétences que d’autres plus modernes. Même si avec de la patience on peut toujours s’adapter à son appareil, je déconseille vivement les appareils sans aucune assistance aux non-initiés.

Quel type d’appareil choisir ?

Les appareils photo sont divisés en plusieurs sous-catégories. Chacune a ses avantages et ses défauts. On a les petits, les plus gros, ceux qui ont l’air d’une brique et ceux qui ont l’air de jouet pour enfant, mais alors, lequel je choisis moi ?

Les reflex – Le roi des appareils

Minolta Dynax 300si (1995) & Canon AE1 Program (1981)

Les appareils photo reflex sont sûrement les plus connus des appareils. Très démocratisé en argentique comme en numérique, ce sont les appareils qu’on croise le plus chez les photographes professionnels.

Les reflex sont reconnaissables par le fait qu’ils embarquent un miroir. Placé à 45°, il permet au photographe de voir ce qu’il prend en photo facilement. Les reflex ont su évoluer au court du temps pour devenir des appareils aux fonctionnalités très diverses.

Ce sont des appareils qui peuvent être utilisés dans presque toutes les conditions. Seul problème souvent relevé : ils prennent de la place. Entre l’appareil en lui-même et les objectifs, c’est souvent pas mal de poids et de place qu’il est nécessaire pour pouvoir l’emmener avec soit. Oubliez pouvoir le transporter où vous le souhaitez dans votre poche.

Les compacts – Petit mais pratique

Snap Sights, appareil photo sous-marin à 10€ (1995) & Canon Prima AF-7 (1994)

Pour palier au problème de place des reflex, on a inventé les compacts. Ils sont l’opposé total des reflex. Rendu le plus petit possible, ils sont souvent assez limités dans leur utilisation. Oubliez pouvoir changer d’objectif, ici on a le strict minimum et on fait avec. Evidemment, pour gagner de la place, dites adieu au miroir pour avoir un aperçu de votre photo. Ici, le viseur est une simple loupe avec un cadre dessiné vous donnant une idée des bords de votre photo.

Globalement les compacts sont des appareils très sympa pour voyager léger ou encore simplement pour s’amuser sans avoir à se poser trop de questions. Et oui, ici à part penser à lui mettre une pellicule et appuyer sur le déclencheur, on n’a pas grand chose à faire. En ayant limité la place au maximum, tous les paramètres sur lesquels on peut jouer avec un reflex sont passés à la trappe. Oubliez les problèmes de vitesse d’obturation et d’ouverture de l’objectif et même de mise au point, votre seul travail ici sera de cadrer correctement et de profiter !

Les télémétriques – Idéal pour les reportages

Mondika EE II (1975)

Les appareils télémétriques sont des appareils un peu à part dans le monde de la photographie. Depuis l’arrivée de l’autofocus, ils se sont fait oublier. Malgré tout, c’est des appareils qui ont eu leurs fans comme leurs détracteurs durant l’âge d’or de l’argentique.

L’idée derrière les appareils télémétrique venait d’un système de mises au point différent. Là où sur les reflex le viseur mène sur un miroir permettant de voir ce qu’il se passe à travers l’objectif, ici le viseur est totalement indépendant. Ca permet tout d’abord de gagner beaucoup de poids, mais pas que.

Cette indépendance lui procure un avantage immense. On peut voir ce qu’il se passe autour de l’objectif. Et oui, comme on ne dépend pas de ce dernier, on peut voir tout ce qu’il se passe autour de nous directement dans le viseur, c’est un cadre dessiné qui nous dit où s’arrête notre photographie.

De plus, dans le viseur, on ne voit pas une, mais deux images. L’une permet de voir la scène présente normalement, et la seconde, superposée, permet de faire la mise au point. Si les images sont décalées la mise au point est ratée, si elles sont superposée, elle est parfaite ! Ces appareils permettent donc une mise au point extrêmement précise, et ce, même si le sujet est en mouvement.

Source : Lense.fr – Une vue sur le télémétrique

Alors bien sûr, si la télémétrie n’a pas été mise sur tous les appareils, c’est qu’il y a une raison. En fait, l’indépendance du viseur créé aussi une problématique. Sur des appareils à objectifs interchangeables, plus on utilise des zoom fort, plus la zone du viseur présente dans l’image se rétrécie. Autrement dit, en utilisant des objectifs au-delà de 85mm, faire la mise au point devient un enfer, et à partir de 135mm on ne voit quasiment plus la scène visible sur la photo, ce qui est quand même une problématique importante. Si juste faire un portait avec un 85mm est une galère sans nom, je vous laisse imaginer pour d’autres circonstances demandant des téléobjectifs.

En bref, ces appareils ont énormément été utilisés pour de la photographie de rue ou du reportage. Et oui, pouvoir voir la scène autour de la photographie dans le viseur, tout en pouvant faire la mise en point précisément, et ce, même sur un sujet en mouvement, permet un confort d’utilisation. Mais pour d’autres types de photographies, son intérêt peut être discutable.

Les bi-objectifs – Le charme de l’ancien

Fex Ultra Reflex (version de 1956)

Les appareils bi-objectifs sont des reflex au design bien particulier. Comme leur nom l’indique ils embarquent 2 objectifs différents. On peut considérer ces appareils comme les ancêtres de nos reflex modernes. L’âge d’or de ces bijoux se situe entre les années 30 et 70. Attendez-vous donc à des appareils très rudimentaires. Ils ont été abandonnés par la suite au profit des reflex qu’on connaît maintenant, avec un seul objectif et un miroir se relevant pour faire la photographie.

Au-delà de leur look très rétro, leur conception est extrêmement simplifiée par rapport aux reflex à un seul objectif. Ici, un objectif fait face à un miroir et sert à voir le cadre, et le second fait face à la pellicule et sert à faire la photographie. Il y a finalement très peu de pièces dans les appareils à bi-objectifs. Ils ont le grand avantage de très peu subir le temps s’ils sont correctement stockés. En plus, comme ils datent d’une époque où le métal était très présent dans les appareils, ils sont généralement très robustes.

Avant tout appréciés des collectionneurs, ces appareils continuent d’être aimés pour leur solidité et leur style bien spécial. Etant, pour la plupart d’entre eux, totalement dépourvu d’aide électronique, c’est un appareil qui s’adresse plutôt à un public avertis. Malgré tout, ils restent très simple d’utilisation du fait qu’ils aient très peu de fonctionnalités. Ils peuvent donc tout de même convenir à un public plus débutant. Pour les amateurs comme pour les avertis, pensez à investir dans un posemètre qui vous permettra de vérifier l’exposition de votre scène avant de déclencher.

Je suis débutant, je prends quoi ?

Pour les débutants et les non-initiés, la photographie argentique reste bien sûr accessible. Contrairement à ce qu’une partie des gens pensent, l’argentique n’est pas un domaine dédié uniquement à quelques passionnés. Il faut simplement bien choisir son appareil.

Le premier point est de privilégier des appareils modernes, n’allez pas au-delà des années 90. A partir de cette période, la grande majorité des appareils a commencé à embarquer beaucoup d’automatismes. Tous embarquent des capteurs de luminosité pour permettre de choisir correctement la vitesse d’obturation et l’ouverture de l’objectif. Les modes automatique et semi-automatique se sont énormément démocratisés. Et quasiment tous embarquent une mise au point automatique. Autrement dit, l’appareil pourra facilement compenser vos erreurs voire carrément prendre la main pour obtenir des photos correctes.

Dans les appareils les plus classiques, on a la série des Canon EOS lancée en 1987 (attention, les appareils avec un « D » à la fin de leur nom sont leur version numérique, exemple : l’EOS 700 est argentique tandis que l’EOS 700D est son cousin numérique). Son grand concurrent est la gamme des Nikon F. Cependant attention, chez Nikon la série F a débuté en 1959, pensez à privilégier les plus modernes.

Liste des appareils Canon EOS en fonction du temps
Source : Wikipédia anglophone
Liste des appareils Nikon F en fonction du temps
Source : Wikipédia anglophone

La plupart d’entre eux sont trouvables pour quelques bouchées de pain sur le marché de l’occasion (notamment les Canon qui sont énormément bradés tellement il y en a des pelles). Et oui, comme ce sont des appareils qui ont été produits en grandes quantités et qui aujourd’hui ne servent quasiment plus, beaucoup d’entre eux sont en vente pour quelques dizaines d’euros. Voire même donnés pour les plus chanceux d’entre vous.

Où acheter son appareil photo argentique ?

Pour trouver son appareil argentique, il y a deux solutions. Soit aller voir un magasin spécialisé, soit regarder auprès des particuliers.

Les magasins professionnels

L’avantage des ventes par des professionnels est que, s’ils sont un minimum sérieux, ils vous donneront une garantie de quelques mois à compter de l’achat de votre appareil. Même si les appareils qu’ils vendent sont normalement vérifiés, réparés et testés, il peut arriver qu’une panne survienne après votre achat. Aller voir un professionnel est donc un gage de sécurité.

Seulement ce gage de sécurité a aussi un coût. La plupart des appareils vendus en magasin sont des appareils en panne qui ont été réparés. Ils ajoutent donc au prix de vente le prix de la main d’œuvre qui a permis sa réparation. On peut donc se retrouver avec des appareils qui doublent voire triple de prix assez facilement par rapport à ce qu’on trouve sur des plateformes entre particuliers. Ce qui n’est pas à la portée de toutes les bourses.

Les vide-greniers et autres ventes entre particulier

La solution quand on n’a pas trop trop de moyens, ou simplement quand on cherche un appareil peu courant, c’est quand même les vides grenier et les sites de vente entre particulier. Vous y trouverez des appareils dans tous les état et à presque tous les prix. Votre but va donc être de réussir à faire le tri entre les offres intéressantes et les appareils bon pour faire des pièces détachées.

Vérifier l’état d’un appareil

Même si une vente entre particulier c’est avant tout une histoire de confiance envers le vendeur, il y a quand même quelques éléments clés qui peuvent vous permettre de vérifier qu’un appareil est en bon état.

Est ce que l’appareil a servis récemment et est ce que tout allait bien ?

Quitte à se poser la question de si un appareil est fonctionnel, autant poser la question directement, au moins vous serez fixé. Il ne faut pas oublier que certains appareils ont passé plusieurs dizaines d’années au fin fond d’un placard. Certains vont donc nécessiter une remise en état. Une utilisation récente est signe que l’appareil fonctionne, à première vue, correctement, ce qui est plutôt rassurant.

Est ce qu’il déclenche correctement quand on le met en route ?

Bah oui, c’est bête mais s’il n’a pas servi depuis longtemps, vérifier qu’il déclenche est une action primordiale. Si ce n’est pas le cas, on sait déjà qu’il y a un problème quelque part.

S’il déclenche, et si le modèle d’appareil le permet, pensez à changer la vitesse d’obturation pour vérifier que le déclenchement se fait correctement à plusieurs vitesse. Il peut arriver que l’appareil déclenche correctement à certaines vitesses et se bloque à d’autres.

Pour certains appareils, vous croiserez peut-être des vendeurs qui refusent de tester leur appareil simplement parce que la pile ou la batterie à y mettre est HS. Comme certaines piles ne sont plus disponibles que sur internet, en commander une seule peut revenir cher avec les frais de port pour un appareil qui ne vaut pas grand chose. Mais dans ce cas, c’est un pari sur son fonctionnement, de plus il faudra penser à acheter des piles/batteries

Est ce que les mousses d’étanchéités sont dans un bon état ?

Sur une bonne partie des appareils argentique, le dos de l’appareil est isolé de la lumière à l’aide d’une mousse noire qui permet une étanchéité totale. Si cette mousse est dégradée, il se peut que de la lumière se faufile jusqu’à la pellicule et gare aux fuites de lumière ! (Attention, tous les appareils ne contiennent pas de mousse, certains ne sont donc pas vraiment concernés)

Malgré tout, cette mousse se change assez facilement si elle est en mauvais état, mais c’est des frais supplémentaire à prévoir si elles doivent être changées (autour de 15-20€ si vous le faites vous même, et jusqu’à 40-50€ si vous le faites faire). Pour ceux qui souhaitent changer les mousses de leur appareil, c’est un sujet qu’on a abordé par le passé ici : Fuite de lumière sur un argentique ? Changez vos mousses !

En bref…

Pour conclure, choisir un appareil argentique n’est pas si compliqué. Bien qu’il y ait beaucoup de choix sur le marché, chacun d’entre eux vise un public différent. A vous de réussir à trouver ce qui vous correspond le mieux.

Avec les éléments que je vous ait donnés vous devriez réussir à trouver votre bonheur assez facilement, et même réussir à vérifier que votre appareil est en bon état !

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